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Le Salegy à Madagascar


madagascar-Le Salegy à Madagascar Véritable patrimoine musical, le salegy figure parmi les rythmes, musiques et danses traditionnels malgaches les plus populaires depuis le milieu du vingtième siècle. Doté d’un rythmique six/huit ternaire et puissant, le salegy a encore des beaux jours devant lui grâce à sa place prépondérante dans les fêtes traditionnelles et dans le marché de la musique à Madagascar.

Aux origines du salegy

La naissance du salegy remonte au quinzième siècle à l’aube du peuplement de Madagascar. À l'origine, cette musique était entièrement liée aux us et coutumes malgaches. Les groupes ethniques Sakalava et Tsimihety (région Nord) utilisaient le salegy dans les rites de possession et les cérémonies liées au culte des ancêtres comme le joro (sacrifice malgache) pour demander faveur à Dieu et aux ancêtres. Le mot salegy quant à lui date des années 60. Il désigne une musique nouvelle, électrique, imaginée par certains guitaristes au confluent de la variété et de la tradition.

« Si le salegy se base sur le antsa ou chant a capella, aujourd’hui les instruments y ont pris leur place », confie Charles Maurin Poty, auteur-compositeur. Le salegy était alors joué avec des flûtes, un accordéon diatonique et des valiha. Il se jouait à différentes vitesses selon les traditions musicales des régions. Le salegy était plus lent sur les hauts plateaux tandis que dans les régions côtières le rythme était plus accéléré. Le salegy apparaissait comme la première musique urbaine nationale de Madagascar.

Les artistes pionniers

Dans les années 1960, le salegy fait sa révolution avec l’arrivée des instruments électriques. Elisabeth Raliza et l’association folklorique de la côte Est lancent le salegy moderne avec le tube « Viavy Rose ». Du salegy intégrant des instruments électriques et accordéon chromatique tout en brassant des styles locaux (basesa, tsapiky, sega) et importés (sega mauricien et réunionnais, rumba congo-zaïroise, le mbaqanga sud-africain et le benga du Kenya). Cette fusion connaît vite un succès considérable. Le salegy sera ensuite popularisé par le regretté Freddy Ranarison et Los Matadores, un orchestre de Diego Suarez. « Véritable pionnier de la guitare électrique des années 1960, Freddy Ranarison a propulsé le salegy sur l’échelle internationale avec son quarante-cinq tours Salegy. Une rythmique qui n’a d’ailleurs pas tardé à être adopté en Afrique », confie Serge Henri Rodin, enseignant chercheur.

L'un des célèbres vétérans de cette musique reste Eusèbe Jaojoby surnommé le roi du salegy. Jaojoby fait partie d’une succession de groupes célèbres à partir de 1972 notamment Los Matadores, Valoalo de Tamatave et Les Vickings de Nosy Be. « J’ai fait partie des tout premiers à chanter le salegy, jusqu'alors limité à quelques enregistrements instrumentaux », confie Jaojoby. Deux disques quarante-cinq tours ont été distribués. Le groupe de Jaojoby a continué à faire danser Antananarivo, la capitale, dans les années 1970 puis a acquis une renommée internationale dans les années 1990. Aujourd'hui, Jaojoby possède et gère le Jao's Pub, un des principaux lieux de diffusion de la musique salegy. Depuis l'arrivée de Jaojoby et ses congénères comme Tianjama et le Dr JB, le salegy est devenu la musique emblématique de la Grande Île.

Une nouvelle génération engagée

Après le succès des artistes pionniers, Din Rotsaka a lancé une nouvelle tendance vers les années 2000. « Si auparavant la mélodie était la plus exploitée, aujourd’hui il est question de vitesse rythmique. Le salegy,(…) est devenue plus énergique», confie Nelson Rafandroana, producteur. Depuis 2004, des stars nationales comme Wawa, Vaiavy Chila, Fandrama, Tence Mena et Ali Mourad connaissent un succès fulgurant jusqu’à aujourd’hui. Des artistes qui ont grandement contribué à l’évolution du salegy.

Tout en gardant son rythme original de six/huit, le salegy évolue au gré des tendances musicales actuelles. Des artistes comme Tence Mena et Vaiavy Chilla osent la fusion du salegy avec des sons high-tech contemporains d'Afrique, comme le coupé-decalé de Côte d'Ivoire et le ndombolo du Congo. Quant à Ali Mourad et Wawa, ils préfèrent réduire le son de guitare et augmentent le tempo pour obtenir une sonorité plutôt tournée vers les jeunes.

De nombreux artistes originaires de Diégo comme Gino, zandry Amed, Sofia Gouma, Flavien etc. sont populaires dans leur ville, mais pourtant méconnus dans le reste de l’île. « Nous assistons aujourd’hui à une émergence d’une toute nouvelle génération d’artistes de salegy qui gagnent à être connus côté création», explique Charles Maurin Poty. Ces jeunes artistes de Diego Suarez ont, entre autres, lancé un son qu'ils appellent salegy gouma. Une rythmique rapide et stimulante qui offre une grande interaction avec le public. De son côté, Stella Affro s’essaye à un nouveau genre notamment le salegy rock.

Quand le salegy s’exporte

A Madagascar, le salegy est chanté et joué dans les concerts, les bars, les cabarets et les soirées chaudes à travers la Grande Île et dans quelques pays en dehors de Madagascar. « Jaojoby est sans conteste le fervent ambassadeur de la musique salegy sur la scène internationale jusqu’à aujourd’hui», confie Prisca Rananjarison, journaliste culturelle. Ses sorties ont commencé depuis la soirée de réveillon du nouvel an 1990 de la diaspora malgache à Paris. Le groupe a participé à de nombreux festivals dans les cinq continents: Canada, Etats-Unis, Europe, Afrique, Asie, et Océanie jusqu’en 2010. « Avec le tempo extatique et furieux du salegy et des rythmes variés, notre musique a été appréciée partout où nous nous sommes représentés», confie Jaojoby. Côté production, Jaojoby compte sept albums internationaux à son actif.

Quant à la nouvelle génération, elle essaye de se démarquer à travers des prestations à l’étranger. Aujourd’hui, le groupe Wawa est connu dans l’océan Indien. « Nous ambitionnons de faire rayonner le salegy moderne sur la scène internationale », confie Wawa. Tence Mena, de son côté, a participé à des festivals internationaux comme le Festival Inter Mizik à Mayotte (FIM) en 2011, le festival ZIN’CK à Anjouan en 2012, le festival Crowzes des Suds de La Réunion en 2014 pour ensuite enchaîner une tournée en France la même année. Par ailleurs, des artistes de salegy vivent et diffusent leur musique à l’étranger comme Roseliane et Eusébia, filles de Jaojoby.

Salegy et diffusion

Le salegy tient une place importante dans l’industrie du disque malgache. « Ici au Super music, on peut dire que ce sont les albums des artistes en vogue comme Wawa et Tence Mena qui ont le plus de succès », confie Boiare Aboud Soili, responsable du Super music, un des rares lieux de vente d’album de l’île. Les artistes de salegy sont en quête perpétuelle de notoriété. « Face à l’attente de leurs fans, les artistes populaires doivent sortir un tube extrait de leur album chaque année qu’ils matraquent à la télévision et à la radio », confie Nelson Rafandroana. Pour appuyer ce matraquage, ils diffusent leur musique sur Internet via Youtube. Toutefois, face au fléau du piratage, la vente d’album n’est pas la plus rentable dans le métier d’artiste à Madagascar. « On peut dire que les artistes gagnent mieux en faisant des prestations et des tournées nationales. Si on prend par exemple l’exemple de Wawa, il est en tournée de mars à décembre, en travaillant vingt jours sur trente », ajoute le producteur. Les artistes travaillent dur pour porter fièrement les couleurs le salegy.

Par Arnaud Ratafika

Source: http://musicinafrica.net


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